Concert de Stéphane Tsapis Trio à Megaro Mousikis

Concert de Stéphane Tsapis Trio à Megaro Mousikis



Première partie du Ciné-concert The Immigrant, by Charlie Chaplin.

21h00 - Megaro Mousikis

"On peut parler des choses du cœur avec dignité et des choses de l’esprit sans froideur. Il suf t simplement de réconcilier les inconciliables, et même de les marier entre eux. Pratiquer un expressionnisme pudique, ne pas dissocier une certaine réserve d’une générosité patente et ne jamais sacri er la première à la seconde, ni celle-ci à celle-là: voilà ce qui singularise d’emblée la démarche de ce trio. De son esthétique, la pudeur est le maître mot: tous deux membres du trio de Georges Paczynski, où ils font merveille, Stéphane Tsapis comme Marc Buronfosse sont de ces musiciens qui décantent leurs phrases pour mieux les enchanter; Arnaud Biscay connaît lui aussi le précieux secret de ces  èvres d’où la fébrilité est absente. Aux effusions, tous préfèrent une diffusion de l’émotion qui n’exclut pas plus l’éloquence que le recueillement, à condition qu’ils restent indissociés.
Car cette pudeur-là, on le comprend vite, n’entend pas mâcher ses mots, ni en rester à l’écume des choses. On peut retenir ses coups si l’on frappe juste, s’étant  xé un but précis. Le très original projet de Tsapis — naguère lauréat du concours Duke Ellington composers, et ce n’est pas un hasard — était de dérouler dans « Border Lines », je le cite, « un panorama musical de la Grèce d’hier et d’aujourd’hui », évocateur «de différentes régions, de différentes époques», qui associerait compositions originales et «standards grecs revisités». En même temps, le pianiste souhaitait que chaque séquence de ce  lm con é à l’imagination de l’auditeur, «explore le concept de frontière ».
Il est clair que les deux contrats ont été remplis."
- Alain Gerb